Moemoea

  1. Quelques éléments de raisonnement dans l'art moderne

    Le tort du discours de l'art dissident est de vouloir passer sous silence toutes les avancées théoriques de l'art moderne (en gros ce qui a émergé entre 1910 et 1960).
    Parce qu'il est en guerre contre l'art contemporain tel qu'il est pratiqué et reçu aujourd'hui—le financial art—il est prêt à passer par pertes et profits toutes les découvertes du siècle précédent.
    Les théories esthétiques, politiques issues de l'avant-garde Russe et qui ont permis aux artistes de s'affranchir de l'obligation de ressemblance antropomorphique sont désavouées par ce discours.

    Bien avant que la fontaine de Duchamp acquière sa notoriété, la question de la légitimité de l'art moderne s'est posé avec violence dans le cas Brancusi vs United States.
    Thierry de Duve, explique le glissement de sens qui s'est produit via le procès, qui d'un différent entre les 2 parties art classique versus art moderne en a fait un litige.
    En très raccourci, l'État a fini par statuer que l'on pouvait considérer l'oiseau de Brancusi comme de l'art.
    Mais en s'abstenant de porter un jugement esthétique l'issue du procès a compromis la faculté des artistes à se situer par rapport à l'esthétique.

    Sans le vouloir ni le prévoir, les artistes, critiques et historiens d'art qui ont jugé comme le juge Waite ont préparé le petit circuit de cooptation circulaire dans lequel l'art contemporain se trouve enfermé en jugeant que le statut ontologique de l'art, dès lors qu'il n'est pas en même temps esthétique, ne dépend plus en droit du consensus universel (en fait il n'en a jamais dépendu), mais seulement des conventions du monde de l'art.

    Thierry de Duve Qu'est-ce que la sculpture moderne p.287